—Regarde, princesse: l'horizon blanchit. Laisse-moi m'éloigner avant que le matin ne me surprenne.
—Oh! mon ami, reste encore, c'est la lueur des astres nocturnes, et elle ne trahit pas les secrets de l'amour.
—Écoute, entends-tu l'hirondelle saluer l'aurore de son chant accoutumé?
—C'est la voix du rossignol qui célèbre la nuit et l'amour.
—Non! non! Le coq annonce le jour, l'horizon blanchit, le vent du matin s'élève, et je reconnais le gazouillement de l'hirondelle. Laisse-moi m'éloigner! mon coeur a de tristes pressentiments!
—Adieu donc, mon ami! Mais, non, reste encore. Dieu! quelle tristesse me saisit! Approche, que je mette la main sur ton coeur: comme il palpite! O coeur, sois-moi fidèle! continue de m'aimer! À demain, à la nuit!
—Dors tranquille, mon amie.» Il dit, et se dérobe à ses embrassements. Il se glisse le long du souterrain, à la lueur de la lampe! mais l'effroi s'était emparé de lui, et un frisson mortel parcourait tous ses membres.
Tout à coup le Prince et l'Espagnol se jettent sur lui, et le poignardent. Il jette un cri étouffé. «Tu as épousé l'héritière de Bourgogne, je te paie sa dot!»
—Ah! mon Dieu, ayez pitié de moi!» Son oeil se ferme, son âme épouvantée s'enfuit privée des secours de la religion.
L'Espagnol, écumant de rage, lui déchire le sein; et, avec une horrible joie: «Laisse-moi mettre la main sur ton coeur! ô coeur, tu étais aimé, et tu es encore attendu demain à la nuit!»