—Il est donc aussi grand que Polkan?

—Non. Il n'est pas beaucoup plus grand que moi, mais il est plus large d'épaules.

—Plus large d'épaules que toi! Mais à quoi ressemble-t-il alors?

—Il ressemble à un brave: tête ébouriffée, barbe noire, un peu courbé, visage plat, et après cela, des yeux qui vous épouvantent.

—Pardonne, Ataman, tu parles de lui comme d'une merveille et nous avons peine à te croire. Jamais nous n'avons vu plus brave que toi.

—Vous n'avez pas vu mieux que moi! et qu'avez-vous vu, coquins? Sachez, continua Persten avec chaleur, qu'en face de lui je ne suis rien, un pauvre diable.

—Et comment s'appelle ton héros?

—On l'appelle Iermak, frères.

—Quel drôle de nom! Mais comment, est-ce qu'il est seul? N'a-t-il pas une bande avec lui?

—Non, il n'est pas seul. Il a une bonne bande avec lui et de fidèles lieutenants. Mais le Tzar très-orthodoxe les a pris en haine. Il a envoyé ses troupes sur le Volga pour les détruire, les pauvres enfants! et il a ordonné d'amener à Moscou l'un des lieutenants, Ivan Koletz, pour lui trancher la tête.