—Attends! s'écria Mitka en se ruant sur Khomiak, maintenant tu ne t'en iras plus.

Le combat finit, personne ne résistait plus. Tous les opritchniks étaient morts, Maliouta seul s'était sauvé sur son coursier rapide.

Les brigands comptèrent les leurs: beaucoup manquèrent à l'appel; de leur côté, ils avaient fait aussi des pertes nombreuses.

—C'est donc ici, dit Persten, en s'approchant du prince et essuyant la sueur de son front, c'est donc ici, boyard, que nous devions nous revoir.

Dès la première apparition des brigands, Sérébrany s'était élancé vers le Tsarévitch et avait mis son cheval à l'écart. Le Tzarévitch était lié à sa selle. Sérébrany coupa les liens avec son sabre, aida le Tsarévitch à s'en débarrasser et enleva le mouchoir qui lui fermait la bouche. Pendant toute la durée du combat, le prince ne s'éloigna pas de lui et le couvrit de son corps.

—Tzarévitch, dit-il, en voyant que les brigands commençaient à dépouiller les morts ou s'occupaient de saisir leurs chevaux, le combat est terminé, tous tes ennemis ont succombé, Maliouta seul s'est enfui et je ne pense pas qu'il soit difficile de s'en emparer, quand le Tzar en aura donné l'ordre.

Au nom de Tzarévitch, Persten recula.

—Comment? dit-il, c'est le Tzarévitch? le fils du Souverain? c'est lui que nous avons délivré, c'est lui que ces chiens emmenaient garrotté?

Et l'ataman se jeta aux genoux du fils d'Ivan.

La nouvelle se répandit rapidement parmi les brigands. Tous cessèrent de visiter les poches des morts et vinrent se prosterner devant le Tzarévitch.