Droujina s'empressa auprès de tous avec la même urbanité qu'auparavant et n'oublia aucun des devoirs minutieux que devait remplir à cette époque, un maître de maison soucieux de son renom d'hospitalité.
Il était déjà tard. Le vin avait échauffé les esprits; d'étranges paroles se mêlaient par moment aux propos des opritchniks.
—Prince, dit l'un d'eux en saluant Viazemski, il est temps de commencer la besogne.
—Tais-toi! répondit à voix basse Viazemski: le vieux écoute.
—S'il écoute, il ne comprendra pas, continua à haute voix l'opritchnik avec l'obstination de l'ivrogne.
—Tais-toi! répéta Viazemski.
—Je te dis, prince, qu'il est temps. Oui, il est temps, je vais donner le signal.
Et l'opritchnik tenta de se lever.
Viazemski, d'une main vigoureuse, le cloua sur son siége.
—Tiens-toi tranquille, lui dit-il à l'oreille, sinon je t'enfonce ce couteau dans la gorge!