—Pourquoi t'es-tu troublée? répéta Morozof.

—J'étais indisposée… répondit Hélène d'une voix tremblante.

—C'est vrai, tu étais malade, non pas ton corps, mais ton âme. C'est ton âme qui est malade. Hélène, tu la perds!

La boyarine frissonna.

—Quand, ce matin, continua Morozof, Viazemski et ses opritchniks sont venus chez nous, je lisais le livre saint. Sais-tu ce que dit l'Écriture au sujet des femmes infidèles?

—Mon Dieu! murmura Hélène.

—Je lisais, continua Morozof, le châtiment réservé à…

—Seigneur, supplia la boyarine, sois miséricordieux! Droujina, aie pitié de moi, je ne suis pas aussi coupable que tu le penses… Je ne t'ai pas trahi…

Morozof fronça les sourcils d'un air menaçant.

—Ne mens pas, Hélène. N'ajoute pas à tes fautes des paroles de ruse. Tu ne m'as pas trahi, parce que pour trahir il faut avoir été fidèle au moins un moment et tu ne l'as jamais été…