—Khomiak! lui cria un opritchnik, les domestiques ont emporté Morozof par la rivière. Faut-il courir après eux?
—Que le diable l'emporte! il n'est plus temps! Holà! vous autres, descendez tous dans la cour, sinon nous allons bientôt étouffer.
—Khomiak! dit un autre, que faut-il faire de Sérébrany?
—Ne pas toucher à un cheveu de sa tête, ne pas le perdre de vue une minute. Nous allons conduire Son Excellence à la Sloboda et faire notre rapport. Vous l'avez vu tous attaquer le prince Viazemski, puis tomber sur nous?
—Oui, oui.
—Voua êtes prêts à le jurer et à baiser la croix devant le Tzar?
—Nous sommes tous prêts à baiser la croix.
—Alors que personne ne lui dise mot et, quand nous arriverons, Grégoire Skouratof saura lui faire payer son soufflet et moi, les coups de fouet qu'il m'a fait donner.
Les opritchniks continuèrent encore longtemps à piller, et quand ils s'en allèrent avec leurs chevaux chargés de butin, longtemps encore après leur départ on voyait une lueur au-dessus du lieu où s'élevait auparavant la maison de Droujina; et la Moskva, qui coulait à côté, jusqu'au matin roula des flots dorés.