Les yeux du meunier étincelèrent. Il prit le collier de perles des mains de la boyarine et se mit à l'admirer au clair de la lune.

—Boyarine, ma colombe, dit-il d'un air joyeux, que le Seigneur très-miséricordieux et les saints patrons de Moscou te bénissent! Il ne me sera pas facile de te cacher aux gens du prince si par malheur ils viennent ici! Seulement, je ferai tout mon possible! et que Dieu nous vienne en aide.

Le vieillard n'avait pas fini de parler qu'on entendit le galop d'un cheval dans la forêt.

—Ils viennent, ils viennent! s'écria Hélène, ne me livre pas, grand-père!

—Suis-moi par ici, boyarine.

Le meunier conduisit à la hâte Hélène dans le moulin.

—Cache-toi derrière ces sacs, dit-il. Il ferma la porte sur elle et courut au cheval.

—Ah! mon Dieu! où mettre ce cheval pour qu'ils ne le voient pas.

Il le prit par la bride, l'emmena de l'autre côté du moulin où il y avait des ruches d'abeilles et l'attacha à des buissons derrière les ruches.

Pendant ce temps, le galop des chevaux et la voix des gens s'étaient rapprochés. Le meunier s'enferma dans sa grange et souffla sa torche.