—Allons! dirent les opritchniks.
Viazemski était encore évanoui. Les serviteurs le soulevèrent avec précaution et l'emportèrent sur le brancard. Les opritchniks montèrent à cheval et suivirent.
Dès que la troupe se fut éloignée et qu'il n'entendit plus le bruit des voix dans la forêt, le vieillard ouvrit le moulin.
—Boyarine! ils sont partis! dit-il, entre dans la grange. Ah! ma pauvre abeille effarouchée! comme tu t'étais cachée! Viens dans la grange, ma colombe, tu y seras mieux.
Il étendit de la mousse fraîche dans un coin de la grange, alluma une torche et plaça devant Hélène une écuelle de bois où il y avait du miel et un morceau de pain.
—Mange pour te maintenir en santé, boyarine! dit-il en la saluant très-bas; je vais tout à l'heure t'apporter du vin.
Il courut une seconde fois au moulin et en rapporta une bouteille à ventre plat et un gobelet en terre.
—A ta santé, boyarine!
Le vieillard, en sa qualité de maître de maison, vida le premier le gobelet. Le vin le mit en gaîté.
—Bois, boyarine! dit-il, maintenant tu n'as plus rien à craindre. Ils cherchent la maison de poste; hé! hé! la trouveront-ils? ne la trouveront-ils pas? Dans tous les cas, ils ne reviendront pas ici; je leur ai fait prendre une bonne route, hé! hé! Mais boyarine, est-ce que le vin ne te plaît pas? Laisse-le, s'il est mauvais; crache dessus, je vais t'en apporter d'autre.