Les opritchniks se précipitèrent dans la chambre, le sabre nu.
—Saisissez-les tous deux! ordonna Ivan.
Maliouta se précipita comme un chien enragé sur Persten, mais l'ataman lui appliqua, avec une agilité extraordinaire, un coup de poing dans l'estomac, d'un coup de pied défonça la petite fenêtre et sauta dans le jardin.
—Cernez le jardin! attrapez le brigand! hurla Maliouta, courbé en deux, et se tenant l'estomac des mains.
Les opritchniks avaient, en attendant, relevé Korchoun.
Vêtu de sa dalmatique noire, sous laquelle brillait une cotte de mailles, Ivan était debout, tenant d'une main frémissante son bâton ferré, fixant son regard menaçant sur le brigand blessé. Des serviteurs effarés apportaient des torches. A travers la fenêtre brisée, on voyait l'incendie. La cloche se mettait en mouvement; on entendait au loin le tocsin.
Les sourcils froncés, les yeux baissés, soutenu par les opritchniks, Korchoun était aussi debout, tout ensanglanté.
—Aveugle, dit le Tzar, ne me cache pas qui tu es et ce que tu complotais contre moi?
—Je n'ai rien à cacher, répondit Korchoun. Je voulais m'emparer des clefs du trésor, mais je n'ai rien comploté contre toi.
—Qui t'a envoyé ici? qui sont tes complices?