A la vue du riche costume et du sabre d'or de l'opritchnik, les hôtes furent saisis de terreur.

—Qui êtes-vous? demanda Maxime.

—Petit père, répondit le paysan en s'inclinant et en bégayant de frayeur,—sois miséricordieux; moi, on m'appelle Fédote, et ma femme, sois miséricordieux, petit père, ma femme, on l'appelle Marie.

—Comment vivez-vous, braves gens?

—Nous arrachons les écorces d'arbre, cher père, nous tressons des lapti et nous faisons des grillages. Des marchands passent et les achètent.

—Et sans doute il n'en passe que peu?

—Peu, petit père, très-peu! Il arrive souvent qu'il n'y a pas de quoi manger. Nous risquons de mourir de faim et de misère, car nous n'avons pas de cheval pour conduire la marchandise en ville; voilà la seconde année que les loups l'ont dévoré.

Maxime regarda avec sympathie le paysan et sa femme, et jeta ses ducats sur la table.

Que Dieu soit avec vous, mes pauvres gens! dit-il en s'approchant de la porte pour sortir.

Les hôtes tombèrent à ses genoux.—Petit père, qui es-tu? ne nous cache pas qui tu es afin que nous sachions pour qui prier Dieu.