Le roux le considéra avec surprise.
—Délie-le tout de suite, répéta Sérébrany d'un ton menaçant.
—Est-ce que tu tiendrais par hasard pour lui? dit le roux. Fais-y attention, ta tête à toi-même est-elle si solide?
—Fils de Satan, s'écria le prince, ne raisonne pas quand j'ordonne. Et, brandissant sa hache, il lui ouvrit le crâne.
Le roux tomba sans pousser un cri.
Cet acte d'autorité troubla les brigands; le prince ne leur donna pas le temps de se reconnaître.
—Délie-le, dit-il à Khlopko, en levant la hache sur sa tête.
Khlopko jeta un coup d'œil sur le prince et se dépêcha de délier Maxime.
—Enfants, reprit Nikita Romanovitch, ce jeune homme n'est pas de ceux qui vous ont fait tort; je le connais, il est aussi ennemi que vous des opritchniks. Que Dieu vous préserve de le toucher du bout du doigt! Et maintenant il ne s'agit plus de lambiner; prenez vos armes, rangez-vous par centaines, je vais vous conduire.
La voix ferme de Sérébrany, son attitude, sa résolution inattendue impressionnèrent fortement les brigands.