—Eh! dirent quelques-uns à demi-voix, celui-ci ne badine pas.
—C'est un vrai ataman, dirent d'autres, il n'a peur de personne.
—Il ne fait pas bon de discuter avec lui: voyez comme il a expédié le chanteur!
Telles furent les observations des brigands et il ne vint plus à la pensée d'aucun d'eux de frapper sur l'épaule de Sérébrany ou de l'embrasser.
—Que Dieu te prête longue vie, prince, chuchota Persten en regardant respectueusement Nikita Romanovitch; seulement ne leur donne pas le temps de la réflexion, conduis-les sur le chemin de la Sloboda et là, à la grâce de Dieu!
La position de Sérébrany n'était pas commode. En se mettant à la tête des bandits, il avait sauvé Maxime et gagné du temps, mais tout était de nouveau perdu s'il refusait de mener la bande turbulente. Le prince se tourna vers Dieu et s'abandonna à sa volonté.
Déjà les bandits s'apprêtaient à entrer en campagne; ils n'étaient arrêtés que par un incident: un certain Fedka était parti, dès le matin, avec sa compagnie et n'était pas encore revenu.
—Et voilà Fedka, dit l'un d'eux, et il rentre avec tous les siens.
Fedka était un gaillard grand et sec, borgne, prodigieusement balafré. Son sarrau était en lambeaux. Il marchait lourdement en pliant les genoux, comme un homme à bout de forces.
—Eh bien? demanda un brigand.