—Porte à ma mère mes dernières tendresses, dis-lui que j'expire en pensant à elle…

—Je le lui dirai, répondit Sérébrany, en ayant de la peine à retenir ses larmes.

—Et la croix, continua Maxime, celle qui est sur moi, donne-la-lui, et la mienne porte-la en souvenir de ton frère…

—Mon frère, dit Sérébrany, n'as-tu pas encore quelque chose sur le cœur. Ne crains rien; regrettes-tu quelqu'un outre ta mère?

—Je regrette ma patrie, je regrette la sainte Russie! je l'aimais autant que j'aimais ma mère, je n'avais pas d'autre amour…

Maxime ferma les yeux. Son visage brûlait, sa respiration devenait plus pénible. Au bout de quelques instants il regarda de nouveau Sérébrany.

—Frère, si je buvais de l'eau un peu fraîche.

La rivière était proche, Sérébrany en apporta de l'eau dans son casque.

—Maintenant, je suis un peu soulagé; soulève-moi, aide-moi à faire le signe de la croix.

Le prince souleva Maxime. Il jeta autour de lui un regard éteint, vit les Tatars en fuite et sourit.