Les yeux de Sérébrany étaient encore voilés et ses idées confuses; il allait se vêtir de la robe, la prenant pour son manteau, lorsqu'au milieu de ce silence momentané retentit un lugubre hurlement.
—Qu'est-ce? demanda Basmanof avec colère.
—C'est un chien qui hurle sur la tombe de Skouratof, répondit l'écuyer après avoir regardé au dehors.
—Donne-moi mon arc et une flèche, je lui apprendrai à hurler lorsque nous nous amusons avec un hôte.
Mais, au nom de Skouratof, Sérébrany se dégrisa complétement.—Attends, Féodor Alexiévitch, dit-il en se redressant, c'est le Bouian de Maxime, ne le touche pas. Il m'appelle sur la tombe de mon frère d'adoption; je me suis oublié ici, adieu, il est temps que je parte.
—Mets auparavant ton manteau, prince.
—Il n'est pas fait pour moi, dit Sérébrany en reconnaissant le costume que lui tendait Basmanof, porte-le toi-même comme tu l'as porté jusqu'ici.
Et, sans attendre de réponse, il cracha et sortit de la tente.
Des malédictions, des imprécations l'accompagnèrent. Sans y faire la moindre attention, il s'approcha de la tombe de Maxime, s'y prosterna et, suivi de Bouian, rejoignit les brigands qui avaient organisé, sous le commandement de Persten, leur bivouac autour de feux pétillants.