Khomiak avait déjà rencontré Mitka à la mare maudite; il l'y avait vu assommer un cheval d'un coup de bâton; mais dans cette mêlée, il n'avait pas distingué son visage qui n'avait d'ailleurs rien de remarquable; il ne savait donc pas à qui il allait avoir affaire.

—Avec quoi veux-tu te battre? demanda le même boyard, regardant avec curiosité le nouveau champion complétement désarmé.

—Avec quoi? répéta Mitka et il se retourna, cherchant des yeux le joueur de tympanon comme pour lui demander conseil. Mais celui-ci avait changé de place; Mitka avait beau regarder, il ne pouvait le découvrir.

—Eh bien! lui dit le boyard, prends un sabre, revêts une armure et mets-toi en place.

Mitka, troublé, regardait toujours de tous côtés. Cela amusait infiniment le Tzar.

—Qu'on lui donne des armes, ordonna-t-il, nous allons voir comment il va s'en tirer.

On apporta une armure à Mitka, mais il eut beau faire tous ses efforts, il ne put passer son bras dans le brassard et le casque était si petit pour sa tête qu'il ne couvrait que son sommet. Accoutré de cette façon, Mitka, de plus en plus embarrassé, se retournait à droite et à gauche, espérant toujours retrouver son compagnon et lui demander avis.

Le Tzar se mit à éclater de rire. Son exemple fut suivi d'abord, par les opritchniks, puis par tous les spectateurs.

—Qu'avez-vous à vous écorcher la gorge? dit Mitka avec humeur, je n'ai pas besoin de votre bonnet et de cette chemise de fer pour rosser ce drôle. Et il montra du doigt Khomiak, tout en retirant sa cotte de mailles.

Les éclats de rire redoublèrent.