On apporta plusieurs gourdins. Mitka les examina lentement, les pesa les uns après les autres, puis s'adressant directement au Tzar:—N'y en a-t-il pas de plus solides? dit-il de sa voix traînante en regardant le Tzar dans le blanc des yeux.
—Apportez-lui un timon, dit le Tzar tout joyeux de l'effet qu'allait produire ce timon.
Quelques instants après, Mitka tournait réellement dans ses mains un énorme timon que les opritchniks avaient détaché d'un chariot qui se trouvait sur la place.
—Eh bien! celui-là va-t-il? demanda le Tzar.
—Cela peut aller, répondit Mitka. Et, saisissant le timon par un bout, il le fit pirouetter au-dessus de sa tête avec une telle force qu'il souleva un tourbillon de poussière.
—Quel démon! murmurèrent les opritchniks.
Le Tzar se tourna vers Khomiak:
—Avance, toi, dit-il impérieusement. Nous allons voir, ajouta-t-il avec ironie, comment tu t'en tireras avec ce paysan.
Pendant ce temps, Mitka retroussait ses manches, crachait dans ses deux mains et, saisissant le timon, il le secouait en regardant Khomiak. Sa timidité avait disparu.
—Eh bien! te mets-tu en garde, oui ou non? lui cria-t-il résolument. Je vais t'apprendre à voler les fiancées!