—Déboutonne ton caftan! répéta Ivan Vasiliévitch.
Basmanof défit convulsivement le haut de son vêtement. Voici, dit-il au Tzar en lui présentant une chaîne avec des images. Mais le Tzar eut le temps de remarquer un cordon de soie passé au cou de Basmanof.—Et qu'est-ce que ceci? dit-il en défaisant lui-même l'agrafe de saphir qui retenait la chemise de Basmanof et en retirant le cordon avec un sachet.
—Ceci, balbutia Basmanof, en faisant un effort désespéré, c'est, Sire…, la bénédiction maternelle…
—Voyons la bénédiction maternelle.—Ivan passa le sachet à Griazny.—Découds-moi cela, dit-il.
Griazny donna au sachet un coup de couteau et répandit quelque chose sur la table.
—Eh bien, qu'est-ce que cela? demanda le Tzar.
Tous se baissèrent avec curiosité sur la table et constatèrent des racines mêlées à des os de grenouilles. L'igoumène fit un immense signe de croix.
—C'est avec cela que ta mère t'a béni? demanda Ivan en ricanant.
Basmanof tomba à ses pieds.—Pardonne, sire, à ton esclave, s'écria-t-il saisi de frayeur. Ton indifférence me déchirait le cœur; pour rentrer en faveur auprès de toi, j'ai demandé au meunier cette racine. C'est le tirlitch, Sire! Le meunier me l'a donné pour que tu me rendes tes bonnes grâces, mais, Dieu le sait, je n'ai jamais conspiré contre toi.
Et les os de crapaud? demanda Ivan, jouissant du désespoir de Basmanof, dont l'impudence l'ennuyait depuis longtemps.