—Tais-toi, vieille, dit sévèrement Ivan, il ne t'appartient pas de me sermonner.
Tout en s'impatientant contre Onoufrevna, il tenait à ne pas l'exaspérer; il se détourna de Sérébrany et dit aux brigands, toujours agenouillés:
—Où est votre ataman? gibier de potence, qu'il avance!
Sérébrany se chargea de répondre pour eux.—Leur ataman n'est pas ici, sire; il est parti immédiatement après la bataille de Rézan. Je lui ai proposé de venir, mais il s'y est refusé.
—Il s'y est refusé! répéta Ivan. Ne serait-ce pas ce même aveugle qui a pénétré dans ma chambre à coucher avec un vieillard? Écoutez, vauriens! je ferai chercher votre ataman et le ferai empaler.
—C'est toi, grommela la nourrice, que les diables empaleront dans l'autre monde!
Le Tzar fit semblant de ne pas entendre et continua en s'adressant aux brigands:—Quant à vous, puisque vous vous êtes livrés à ma volonté, je vous fais grâce. Qu'on leur distribue cinq tonneaux d'hydromel. Eh bien! vieille bête, es-tu satisfaite?
La nourrice se mit à remuer les lèvres.
—Vive le Tzar! crièrent les brigands. Nous te servirons fidèlement, notre sang rachètera nos fautes.
—Qu'on leur donne à chacun, reprit Ivan, un bon caftan et une grivna. Je les enrôlerai comme opritchniks. Voulez-vous, gibier de potence, me servir comme opritchniks?