Le Tzar se mit à rire et tous les assistants eurent de la peine à n'en pas faire autant.
—Imbécile! dit Koltzo avec dépit, tu es né sot et tu mourras sot.
—Et, l'ayant débarrassé de la cotte de mailles, il le traîna jusqu'au pied du trône et montra au Tzar sa grosse main qui ressemblait plus à la patte d'un ours qu'à un membre humain.
—Ne lui en veux pas, Sire, il est bête en paroles et bon à l'action. C'est lui qui a fait prisonnier le Tzarévitch Mametkoul.
—Comment t'appelles-tu, demanda Ivan en regardant avec une attention redoublée le compagnon de Koltzo.
—Je m'appelle Mitka, répondit-il naïvement.
—C'est bien cela, s'écria Ivan, en reconnaissant enfin le gros gaillard; c'est toi qui t'es battu à la Sloboda pour Morozof et qui as tué Khomiak d'un coup de timon.
Mitka sourit bêtement.
—Je ne te remettais pas au premier moment, mais maintenant je te reconnais parfaitement.
—Eh bien! moi je t'ai reconnu tout de suite, répondit Mitka d'un air enchanté; tu étais alors assis sur une estrade qui touchait au champ-clos.