—Jeunes filles! dit Hélène d'une voix suppliante:—retirez-vous un peu, je vous appellerai, laissez-moi seule! Mon Dieu! mon Dieu! Sainte Vierge, que faire? que lui dire?
Sérébrany, pendant ce temps, était revenu à lui.
—Hélène,—dit-il résolument,—réponds-moi d'un seul mot: es-tu mariée? est-ce une erreur? une plaisanterie? es-tu réellement mariée?
Hélène au désespoir cherchait une réponse et ne la trouvait pas.
—Réponds-moi, Hélène. Ne me torture pas plus longtemps.
—Écoutez-moi, Nikita! murmura Hélène.
Le prince frissonna.
—Je n'ai rien à entendre, dit-il,—j'ai tout compris. Ne parle pas inutilement.—Adieu boyarine! et il fit tourner son cheval.
—Nikita! s'écria Hélène, je t'en conjure, par le nom du Christ et de sa Mère Immaculée, écoute-moi: tu me tueras ensuite, mais d'abord écoute-moi!
Elle n'eut pas la force de continuer: sa voix s'éteignit, ses genoux fléchirent sur le banc de gazon; elle tendit ses mains suppliantes vers Sérébrany. Le prince frémit de tout son corps, eut compassion et resta.