—S'il en est ainsi, adieu, Boyard, je dois me hâter, je n'ai pas encore paru dans ma demeure, je vais y jeter un coup d'œil et demain au point du jour je partirai.
—N'y va pas, prince!
—Pourquoi, boyard?
—Pour conserver ta tête, Nikita.
—Quant à cela, à la volonté de Dieu, arrive que pourra!
—Écoute, Nikita. Tu m'as oublié, mais moi je t'ai suivi depuis ton enfance. Ton père et moi nous étions frères. Il est mort, que Dieu ait son âme! personne n'est là pour t'avertir, personne pour te donner conseil, et ta position est critique, Dieu le sait. Si tu vas à la Sloboda, tu périras, prince, ta tête tombera.
—Que veux-tu, boyard, si c'est ma destinée.
—Nikita, mon enfant, je te cacherai, personne ne viendra te chercher ici, mes serviteurs ne te trahiront pas, tu seras chez moi comme mon propre fils.
—Boyard, rappelle-toi ce que tu as dit toi-même au sujet de Kourbski. Il est déshonorant pour un boyard russe de fuir son souverain.
—Kourbski était un traître, Nikita. Il a passé chez les ennemis de la Russie; tandis que moi, suis-je un ennemi de mon pays?