—Comment! sur la route du Tzar, à deux pas de Moscou, des brigands pillent et égorgent les paysans! Mais que font donc vos sotski et vos starostes? Comment souffrent-ils que des aventuriers osent s'appeler gens du Tzar?

—Oui, affirma le paysan,—nous sommes gens du Tzar, tout nous est permis; vous, vous êtes des serfs! Et ils ont des chefs; ils portent des insignes: un balai de crin et une tête de chien. Ce sont donc réellement des gens du Tzar.

—Brute! s'écria le prince, n'aie pas l'audace de supposer que des assassins sont gens du tzar! Je n'en reviens pas, se dit-il à lui-même, des insignes? des opritchniks? Que signifie ce mot? Que sont ces gens? Quand j'arriverai à Moscou j'informerai de tout cela le Tzar. Qu'il me donne l'ordre de les poursuivre! Je ne les épargnerai pas, aussi vrai que Dieu est saint, je ne les épargnerai pas.

Pendant ce temps, la ronde avait repris sa marche.

Un jeune garçon représentait le futur, une jeune fille la fiancée; le garçon allait saluer les parents de la fiancée représentés également par des femmes, gens de la ronde.

—Monsieur mon beau-père, chantait le futur accompagné par le chœur, prépare-moi de la bière.

—Madame ma belle-mère, fais cuire des pâtés.

—Monsieur mon beau-frère, selle-moi un cheval. Puis se tenant par les mains, filles et garçons tournaient autour du futur et de sa fiancée, d'abord d'un côté, ensuite de l'autre. Le futur a bu la bière, mangé le pâté, a rendu le cheval fourbu et il chasse sa nouvelle parenté.

—Au diable le beau-père.

—Au diable la belle-mère.