—Au diable le beau-frère.
A chaque apostrophe, il pousse en dehors de la ronde tantôt un garçon, tantôt une fille.
Les paysans riaient aux éclats.
Tout-à-coup on entendit un cri perçant. Un enfant d'une douzaine d'années, tout couvert de sang, se jeta dans la ronde.
—Sauves-moi! cachez-moi, criait-il en s'attachant aux habits des paysans.
—Qu'as-tu, Vania? qui t'a blessé? Ne sont-ce pas encore les opritchniks?
En un instant les deux rondes se réunirent en un seul groupe qui entoura l'enfant, mais celui-ci, muet de terreur, pouvait à peine ouvrir la bouche.
—Là, là, disait-il d'une voix entrecoupée, derrière les potagers, je faisais paître mon veau… Ils ont fondu, se sont mis à tailler le veau avec leurs sabres; Dounka est venue: elle s'est mise à les supplier. Ils ont pris Dounka, l'ont entraînée avec eux et moi…
De nouveaux cris interrompirent l'enfant. Des femmes accouraient de l'autre extrémité du village.
—Malheur, malheur! criaient-elles, les opritchniks! fuyez, jeunes filles, cachez-vous dans les seigles! ils ont enlevé Dounka et Alenka et ont tué Serguévna.