En ce moment apparurent environ cinquante cavaliers le sabre au poing. En avant galopait un jeune homme à la barbe noire, revêtu d'un caftan rouge portant une casquette de peau de loup ornée d'un galon d'or. A la selle de son cheval était attachés un balai de crin et une tête de chien.

—Goida! Goida! hurlait-il, tuez le bétail, sabrez les moujiks, attrapez les filles, brûlez le village! suivez-moi, enfants, n'ayez compassion de personne!

Les paysans s'enfuyaient où ils pouvaient.

—Petit père boyard! s'écriaient ceux qui se trouvaient près du prince, n'abandonne pas des orphelins, protége des infortunés.

Mais le prince n'était plus là.

—Où est donc le boyard? demanda le vieux paysan en regardant de tous côtés. L'endroit où il était assis est froid! on ne voit plus ses gens! ils sont partis, les braves! oh malheur! nous sommes tous perdus!

Le jeune homme au caftan rouge arrêta son cheval.

—A moi, vieux barbon! il y avait ici une ronde, où sont cachées les filles?

Le paysan s'inclina en silence.

Au bouleau! cria la barbe noire. Il n'aime pas parler, qu'il garde le silence sur le bouleau.