—Elle m'est à charge, sire.
—Pourquoi cela? demanda Ivan en regardant fixement Maxime.
Maliouta ne donna pas à son fils le temps de répondre.
—Sire, dit-il, Maxime voudrait servir son souverain. Il voudrait obtenir le collier d'or de tes mains. Voilà pourquoi il demande à combattre les Tatars ou les Allemands.
—Ce n'est pas pour cela, interrompit le Tsarévitch, mais parce qu'il veut faire à sa tête: je ne veux pas être opritchnik et je ne le serai pas! que ma volonté soit faite et non celle du Tzar!
—C'est cela! dit Ivan avec un rire moqueur:—ainsi toi, petit Maxime, tu veux l'emporter sur moi? Voyez donc quel héros! allons, qu'il en soit comme tu le désires! puisque tu ne veux pas être opritchnik, ordonne qu'on t'inscrive dans les guides!
—Oh, sire! s'empressa de dire Maliouta, partout où tu mettras Maxime, il sera toujours prêt à obéir à ta volonté souveraine! Mais rentre, Maxime, il est tard; dis à ta mère de ne pas m'attendre; j'ai de l'occupation dans la prison: c'est aujourd'hui qu'on torture les Kolichef. Va, Maxime, va!
Maxime s'éloigna. Le Tzar rappela Sérébrany.
Les opritchniks l'amenèrent, les mains liées, sans caftan, le col de sa chemise rabattu. Derrière lui venait le premier bourreau, Terechka, les manches relevées, une hache étincelante dans les mains.
—Viens ici, prince! dit Ivan. Mes jeunes gens se sont un peu pressés avec toi. Ne leur en veux pas. Ils ont l'habitude, sans regarder le calendrier, de mettre les cloches en branle. Ils oublient qu'on peut toujours trancher la tête d'un homme, mais qu'il est impossible de la lui remettre sur les épaules. Rends grâces à Boris. Sans lui, tu serais déjà dans l'autre monde et tout recours contre Khomiak serait impossible. Allons, dis-moi, pourquoi l'as-tu attaqué?