—Qui? répéta le Tzar en se levant.

Maliouta resta silencieux.

Le Tzar le saisit à la gorge des deux mains, amena son visage près du sien et plongea son regard dans le sien.

Les jambes de Maliouta fléchissaient.

—Seigneur, dit-il à demi-voix, ne te courrouce pas contre lui, il n'a pas réfléchi.

—Parle! dit le Tzar d'une voix étranglée, en serrant plus fort le cou de Maliouta.

—Il n'aurait pas eu cette pensée si on ne l'avait poussé. C'est celui qui l'approche le plus près, qui l'y a poussé. Et lui, le criminel! il s'est dit: un peu plus tôt, un peu plus tard, c'est ainsi que cela doit finir.

Le Tzar commençait à comprendre. Il devint encore plus pâle, si c'est possible. Ses doigts se détendirent et lâchèrent la gorge de Maliouta.

Maliouta se remit. Il comprenait que le moment était arrivé de frapper le coup décisif.

—Sire! dit-il tout-à-coup rapidement, ne cherche pas la trahison au loin. Ton compétiteur est assis devant toi, il boit à la même coupe que toi, mange avec toi du même plat et porte les mêmes vêtements!