«Et mon père répondit: «Je n'en sais rien.» Alors ma mère lui dit:
«Envoyons-le à la ville, et plaçons-le chez M. Schultz pour qu'il apprenne le métier de cordonnier!»
«Et mon père dit: «Bien,» Und mein vater sagte: «Gut,» répéta Karl Ivanovitch, dans sa langue, pour donner plus de poids à ses paroles.
«J'ai passé six ans et sept mois chez le maître cordonnier; il m'aimait beaucoup.
«Un jour il me dit: «Karl, tu es un excellent ouvrier, et un de ces jours tu deviendras contre-maître.» Mais ... l'homme propose et Dieu dispose.... En 1796, on fit la conscription, et tous les jeunes gens de dix-huit à vingt ans qui n'étaient pas exemptés du service militaire devaient aller se présenter à la ville.
«Mon père et mon frère Johann arrivèrent à la ville, et nous allâmes ensemble tirer au sort pour savoir qui serait soldat et qui ne le serait pas. Johann tira un mauvais numéro, il devait être soldat; moi je tirai un bon numéro, je ne devais pas être soldat.
«Et mon père dit:
«J'avais un fils, et je dois m'en séparer.»
«Je pris mon père par la main et je lui dis:
«Pourquoi parlez-vous comme ça, mon père? Venez avec moi, j'ai quelque chose à vous dire.»