Tous ces principes qui fournissent un sens à la vie et des idées sur Dieu, la liberté et le bien, nous les soumettons à une analyse basée sur la logique, tandis qu'ils ne supportent pas la critique de la raison.
Si ce n'était pas si affreux, ce serait ridicule.
L'orgueil, le contentement de soi-même nous rendent semblables à des enfants.
Nous démontons, nous détraquons la montre, nous en enlevons le mouvement; nous en faisons un joujou et nous nous étonnons ensuite que la montre ne marche plus.
Lever la contradiction qui existe entre le fini et l'infini est nécessaire et précieux. Cela est aussi nécessaire que la réponse à la question du sens de la vie qui fournit la possibilité de vivre. Et cette seule solution que nous trouvons partout, toujours et chez tous les peuples—solution qui vient du temps où pour nous se perd même la vie des hommes, solution si difficile que nous ne pouvons rien trouver de pareil, cette même solution est détruite par nous à la légère, pour faire place à cette même question propre à chacun et à laquelle nous n'avons pas de réponse.
L'idée d'un Dieu infini, de la divinité de l'âme, de l'union des actions des hommes avec Dieu, de l'unité de l'essence de l'âme, de l'idée humaine du bien et du mal moral—sont des idées élaborées dans l'infini de la pensée humaine qui se cache. Ce sont des idées sans lesquelles il n'y aurait pas de vie, et moi-même je ne serais pas. Rejetant ce travail de toute l'humanité, je voulais faire tout moi-même, d'après une nouvelle manière et d'après moi seul.
Alors je ne pensais pas ainsi; mais les germes de ces idées étaient déjà en moi. Je comprenais:
1° Que ma position, celle de Schopenhauer et de Salomon, était stupide malgré toute notre sagesse. Nous comprenons que la vie est un mal et nous vivons quand même. C'est évidemment absurde, parce que, si la vie est une stupidité (et j'aime par-dessus tout ce qui est intelligent) il faut détruire la vie, personne ne le niera.
2° Je comprenais que toutes nos réflexions tournaient dans un cercle magique, comme une roue qui ne s'engrène pas aux autres rouages. Nous avions beau raisonner et méditer, nous ne pouvions pas recevoir de réponse à la question, car toujours 0 égale 0; c'est là probablement la raison pour laquelle notre chemin n'était pas le bon.