Il a vécu durant sept ans dans une mansarde de la rue de Tournon[2] et, malgré ses efforts, n'a sûrement gagné plus de dix francs par mois, ce qui le forçait à vivre de pain sec et d'eau fraîche.
[2] L'Amérique ne connaissait pas encore les gratte-ciel et de nos jours M. Taylor se serait récrié sur le petit nombre d'étages qu'ont les maisons à Paris. Pour la rue de Tournon, je la connais, elle est fort bien située et habitée par une population honorable. (Note récente et anonyme d'un lecteur de la Bibliothèque de Salt Lake City et peut-être du conservateur même des manuscrits.)
J'ai pensé qu'il était temps qu'il se reposât et, dès mon arrivée, je me suis chargé—connaissant suffisamment le français—de mettre au point sa traduction du Livre de Mormon.
Cet ouvrage paraîtra vraisemblablement dans le courant de l'année prochaine.
J'ai envoyé frère Curtis Bolton en Angleterre, parmi les gens de sa race, qui l'ont bien accueilli et les lettres enthousiastes qu'il m'adresse me font connaître que son apostolat provoque des bals et vous savez combien ils sont agréables aux dieux, des concerts, des excursions, des garden-partys et les jeux les plus aimables.
N'a-t-il pas été à Jersey avec une troupe de demoiselles prêtes à devenir nos sœurs et avec quelques Saints! et pendant ce voyage d'agrément, ce ne furent que prédications, que cantiques et qu'accomplissements des désirs de la chair selon la loi humaine et divine qui exige la polygynie d'après l'exemple des patriarches et celui de Christ qui eut trois épouses, comme on peut voir aux évangiles.
Les vacances de frère Curtis Bolton sont maintenant achevées et, plein de zèle, il se prépare à rentrer à Paris.
L'apôtre étant de retour, je quitterai la France pour aller visiter nos missions d'Italie.
Mais voici quelques détails sur mon séjour ici:
Arrivé à Paris, je me suis logé au 37 de la rue Paradis-Poissonnière, populeuse et triste à la fois, et qui, par l'accoutumance, en est venue à me plaire, bien que je sois toujours incommodé par l'air méphitique de ma chambre, très basse, comme dans un très grand nombre de maisons parisiennes.