La dernière que j'aie entendue vanter, c'est le pouvoir qu'il aurait d'empêcher la putréfaction, si bien qu'après la guerre, le cadavre étant reconnaissable, pourrait être transporté dans la tombe familiale, au petit cimetière du village natal.
Celui qui exprimait cet avis était un petit Breton ingénu et très brave. Sa mère lui avait dit ce qu'il répétait touchant l'or.
Au reste, il n'en possédait pas.
Mais il ne faut pas rire de ces petites superstitions. Elles montrent la fraîcheur d'imagination d'une race et il n'en résulte que de l'héroïsme.
Voici, d'autre part, une légende née sur le front. Je l'ai recueillie de la bouche d'un conducteur d'artillerie, avant la guerre «monteur» à Saint-Quentin et qui avait été versé, avec un certain nombre de ses camarades des régions envahies, dans un régiment du midi.
Cette légende de la Branche de laurier, que je m'excuse de rapporter en termes qui traduisent mal le mouvement du récit tel qu'il me fut fait, a l'avantage de montrer la superbe confiance des soldats français dans leurs chefs.
La voici; elle est née de la méditation et de la collaboration d'un grand nombre de conducteurs, tandis qu'un hiver durant ils chantaient le Pont de Minaucourt, le soir, avant de s'endormir à l'échelon:
La propriété des Charbatzky, aux environs de Moscou, a une histoire. Napoléon s'y est arrêté un jour et une nuit avant d'arriver dans la ville sainte.
On y a toujours cultivé avec soin un laurier qu'il y planta de sa main.
Il se trouve au bord d'une grande pelouse, dont le centre est occupé par un petit bois de trembles.