Innumerabilibus Sollicitudinibus
Il n'y a pas de raison, au demeurant, pour que cette étude ne s'étende pas aux superstitions nées à l'arrière ou qui se sont fortifiées depuis la guerre.
Elvire était superstitieuse et, depuis la guerre, ses croyances ne s'étaient point assurées, mais sa superstition avait grandi.
Elle travaillait maintenant tous les jours, faisant des progrès dans son art.
Depuis quelques jours elle revoyait Pablo Canouris qui lui donnait des conseils pour peindre, mais elle ne le disait pas à Nicolas Varinoff qui vivait, à son propos, dans une incertitude qui le faisait jaunir.
Pablo l'engageait aussi à venir avec lui. Et elle commençait à l'écouter de nouveau avec complaisance.
Un jour, la jolie Corail qui était venue la voir, lui parla avec éloges d'une voyante qui était aussi cartomancienne et avait un grand nombre de façons de consulter l'avenir.
Elles y allèrent le lendemain. Mme Adonysia habitait aux Batignolles, rue Nollet.
Elle prédisait l'avenir depuis la guerre, étant la veuve d'un professeur de mathématiques qui l'avait laissée sans ressources.
Pour se distinguer des autres extra-lucides, elle avait inventé d'interroger le Bienheureux Jean-Baptiste Vianney, curé d'Ars, ou encore le mage Papus, de son vrai nom le docteur Eucansse qui venait de mourir. Ces oracles lui répondaient de façon satisfaisante, au dire de sa clientèle.