Dans un port de Hollande, ils s'embarquèrent. Le bateau faisait le service de Douvres. Les hôtels de cette ville sont hors de prix. Juan ne put obtenir aucune réduction sur le mémoire fabuleux qu'on lui présenta dans cette première cité de la grande Angleterre.

CHAPITRE VIII

ADELINE, AURORA ET LADY FITZ-FULKE

Attaqué par des brigands.—Grande vie mondaine anglaise.—Leïlah confiée à Lady Pinchbeck.—L'amour chez les Anglaises.—Adeline.—Le château, de Nonnan Abbey.—La série des invités.—Chasse, cartes, billard.—Succès de Don Juan.—Manœuvres de la duchesse de Fitz-Fulke.—Inquiétudes d'Adeline.—Conseils de mariage.—Aurora.

Ils se trouvaient donc en Angleterre.

Après une halte à Canterbury, ils arrivèrent en vue de Londres: énorme amas de briques, de fumée, de navires, masse hideuse et sombre s'étendant à perte de vue.

«Ici, se disait Juan, qui suivait à pied sa voiture, la liberté a choisi son séjour; ici retentit la voix du peuple; les cachots, les inquisitions, les tortures ne la font point expirer. Elle ressuscite à chaque nouveau meeting, à chaque élection nouvelle.

«Ici sont des épouses chastes, des vies pures; ici on ne paye que ce qu'on veut; et si tout y est cher, c'est qu'on aime à gaspiller l'argent pour montrer ce qu'on a de revenu. Ici toutes les lois sont inviolables; nul ne tend des embûches au voyageur; toutes les routes sont sûres; ici...»

Il fut interrompu par la vue d'un couteau accompagné d'un menaçant: La bourse ou la vie!