Ces accents d'hommes libres provenaient de quatre bandits en embuscade. Ils l'avaient aperçu marchant à pas lents à quelque distance de sa voiture et, en garçons avisés, ils avaient profité de l'heure opportune...

Juan, quoiqu'il ne connût de l'anglais que le mot sacramentel Goddam! comprit le geste de ces gens. Sans hésiter il tira un pistolet de dessous sa veste et le déchargea dans le ventre de l'un des assaillants qui tomba comme un bœuf, beuglant:

«O Jack! ce gredin de Français m'a fait mon affaire!»

Sur quoi Jack et son monde décampèrent au plus vite. «Sans doute, se disait Juan, est-ce la coutume du pays d'accueillir les étrangers de cette manière.» Il songeait néanmoins à relever l'homme qu'il avait blessé.

«Que l'on me donne un simple verre de gin, disait celui-ci, et qu'on me laisse mourir en paix.»

Il expirait en effet. Il trouva encore la force de détacher le mouchoir qui entourait son cou et dit:

«Donnez cela à Sarah...»


Juan, à Londres, s'installa dans un confortable hôtel. Le bruit de ses aventures étranges, de ses combats et de ses amours avait précédé son arrivée. On savait que ce jeune étranger, distingué, beau et accompli, avait tourné la tête d'une souveraine.