Il y avait aussi des billards et des cartes.

Le soir ramenait le banquet et le vin, la conversation, le duo, la danse.

Tout, dans la réunion, était bienveillant et aristocratique; tout était lisse, poli et froid comme une statue de Phidias taillée dans le marbre attique. Ainsi, jusqu'à minuit, se passait chaque soir la vie.

Adeline était vraiment la reine. Il y avait dans ses manières cette politesse calme et toute patricienne qui, dans l'expression des sentiments de la nature, ne dépasse jamais la ligne équinoxiale...

Mais était-elle en tout indifférente? Selon l'insipide comparaison, le volcan frangé de neige couve dans son sein une lave brûlante...


Juan—à cet égard il ressemblait aux saints—était à tous sans distinction. Doué d'une de ces natures heureuses qui ne font jamais défaut, il savait se faire bien venir de toutes les femmes, sans cette fatuité de certains hommes-femelles. Il évitait également de tomber endormi après le dîner.

Sémillant et léger, toujours sur le qui-vive, il prenait une part brillante à la conversation, approuvant le plus souvent ce qu'avançaient les dames. Il savait écouter.

Et puis il dansait avec expression et bon sens, il dansait sans prétention théâtrale, non en maître de ballet, mais en homme comme il faut. Ses pas étaient chastes et classiques.