Topeka survint à ce moment: après avoir regardé fixément le vieillard, elle le prit par la main en disant:
—Êtes-vous le Père John, l'Ermite?
—On m'appelle ainsi, Topeka.
—Le bon vieillard dont le wigwam est sur la montagne du Medicine Bow?...
—Là est ma cabane.
—Vous y vivez seul?... Vous êtes solitaire, sans personne pour soigner votre demeure, personne pour vous aimer?...
—Je ne suis pas tout-à-fait sans amis. J'espère bien n'avoir pas d'ennemis.
—Oh non! personne ne peut être votre ennemi; chacun vous aime, parce que vous parlez du Grand-Esprit. Si tous vous écoutaient, je crois bien que nous n'aurions pas de guerres. Voulez-vous me dire quelques paroles de Celui qui gouverne les cieux?
—Volontiers, Topeka. Il nous enseigne que nous ne devons pas tuer. Pourtant quelqu'un de votre tribu est venu hier à ma cabane, il a tué une pauvre femme, la mère de cette pauvre enfant.
Les yeux de la vieille Indienne se portèrent sur Mary Oakley.