—Croyez-vous que ce soit Wontum qui ait tué votre pauvre femme?

—Certainement! Quel être sur terre aurait pu vouloir du mal et en faire à la bonne créature? Ah! cap'taine, c'était la meilleure et la plus douce des femmes. Une excellente et pieuse femme, toujours prête à me consoler. Je vous le dis; sa perte fait dans mon cœur un vide, un gouffre énorme, que rien ne pourra combler.

—Je comprends votre douleur, mon brave Oakley, répondit tristement Marshall.

—Vous me comprenez, vous! c'est possible, car vous avez du cœur, et vous connaissez l'adversité maintenant. Hélas! je ne pourrai jamais dire l'impression mortelle que j'ai éprouvée en voyant, inanimée sur le sol, la froide dépouille de celle qui pendant vingt années avait été ma fidèle et bien-aimée compagne. Seigneur! j'ai cru que mon cœur allait s'élancer hors de ma poitrine et mon sang faire éclater mes veines! Mais, ce mécréant! qu'aura-t-il fait de ma pauvre Molly?

—N'ont-ils pas pour habitude d'emmener en captivité les prisonniers qui ne sont pas tués?

—Pas toujours. Lorsqu'ils sont en pays ennemi, c'est leur coutume; mais je ne leur connais aucune raison pour agir ainsi. Tout le voisinage de Medicine Bow a vécu dans une paix profonde pendant plusieurs années; jamais nous n'avons offensé les Pawnies en aucune manière.

—Wontum s'est probablement douté que vous seriez avec moi.

—C'est fort possible. En tout cas, je ne me repens pas de ce que j'ai fait; j'ai agi suivant mon devoir, et je l'accomplirai jusqu'au bout, tant que j'aurai des jambes capables de me porter. Au fait, il me reste une tâche à remplir: il faut que je tue ce Wontum!

—Vous n'êtes pas le seul qui ayiez droit à la vie de ce scélérat.

—Êtes-vous sûr d'être au même rang que moi pour cela, cap'taine? Pensez donc qu'il n'a tué ni votre femme, ni votre enfant.