Les dernières paroles du brave forestier se perdirent dans l'éloignement: il marchait droit au but de sa courageuse expédition.
CHAPITRE III
DÉCOUVERTE ÉTRANGE
Il fallait vraiment ton courage et bon cœur à l'intrépide chasseur, pour affronter cette noire profondeur du désert, cette sinistre tempête, cette neige mortelle amoncelée en menaçantes avalanches.
Quand il eut fait une centaine de pas, il se retourna pour voir s'il apercevrait son feu. Plus rien n'apparaissait.
—Un beau noir! un joli sombre! murmura-t-il en reprenant sa marche: ma foi! il tombe de la neige de façon à épuiser toutes les provisions d'en haut. Brrrrt! ce n'est pas un badinage de se promener à cette heure!
Au même instant, en dépit de toute sa précaution, il se cogna rudement contre un arbre; en se détournant pour l'éviter, il en heurta un autre avec la même violence.
—Il n'y a rien d'agréable à se renfoncer ainsi le nez contre les arbres, se dit-il avec un sang-froid que rien ne pouvait déconcerter.
Et il poussa en avant. Soudain le cri se fit entendre, mais si près de lui, que, malgré toute son assurance, il ne put réprimer un frisson et un ressaut en arrière. Il resta immobile, écoutant toujours.
—C'est la voix d'une femme, pensa-t-il; aussi sûr que mon nom est Basil Veghte; c'est un peu fort! que fait-elle là?
Bien des gens auraient poussé un cri d'appel en forme de signal; assurément il eût été entendu. Mais le forestier était trop avisé pour commettre une telle imprudence. Son oreille exercée avait reconnu la voix d'une squaw indienne.