—Je voudrais bien savoir la cause de votre frayeur? dit-il; quelle meilleure forteresse pourriez vous désirer? Quelle garnison pourrait être plus courageuse que la vôtre?

—Oui, vous avez raison; je n'ai rien à craindre, rien à désirer,… si ce n'est une autre position. Mais, venez donc vous reposer avec nous, il est presque midi.

—Je ne pourrai rester ici que jusqu'à demain.

L'Enseigne montra le chemin, et tous trois entrèrent dans l'intérieur.

Johnson était bien connu de toute la garnison; il fut cordialement accueilli. Comme il était grand hâbleur, communicatif, toujours prêt à raconter quelque histoire, on lui fit joyeuse compagnie; toute l'après-midi se passa en babillages, en rires, en interminables récits de chasse ou de guerre.

Quand la nuit fut venue, Basil, comme tout le monde, songeait au repos, et allait regagner sa chambre, lorsque Christie l'aborda mystérieusement et l'invita à voix basse à l'accompagner au belvédère du fort, pour jeter un coup d'œil sur les alentours.

—Il se passe par là quelque chose que je ne comprends pas, lui dit-il; je suis occupé à guetter depuis une demi-heure.

—Qu'est-ce qu'il y a donc?

—Vous le verrez dans un moment.

—Où est Horace Johnson?