—Moi Omaha! Mallet! grommela-t-il.

—Eh bien! les Omahas sont des menteurs! vous n'avez rien à répondre. Courez vite dire à José d'atteler les chevaux, les noirs, Henry. Dites-lui aussi qu'il s'arrange de manière à ce que l'équipage ait très-bonne façon; sans quoi je vous fouaillerai tous les deux.

Henry disparut avec empressement; l'Agent principal (comme il se nommait lui-même), se recueillit quelques moments pour achever son cigare; ensuite il quitta le balcon pour rentrer dans l'appartement. Là il trouva Ka-Shaw qui l'attendait.

—Où est mon plus bel habit, Ka-Shaw?

—Quel besoin avez-vous de votre plus bel habit, Mallet? quel besoin avez-vous de descendre à la rivière aujourd'hui?

—Je veux inviter quelques amis, Ka-Shaw, et je suis fort pressé. Où m'avez-vous donc caché ça, dites-moi?

—Mallet ne peut avoir son habit, répliqua tranquillement l'Indienne.

—Ah ça! que signifie cette mauvaise plaisanterie? demanda Mallet commençant à se mettre en colère.

—Vous pouvez bien aller voir cette fille Newcome avec vos vieux habits, riposta la squaw avec un sourire malicieux qui dissimulait mal sa fureur jalouse.

—Bah! bah! vous voilà encore jalouse, Ka-Shaw, dit l'agent en reprenant aussitôt son sang-froid, et s'asseyant avec nonchalance sur le bord du lit: est-ce que je n'ai pas été fidèle à vous et à votre tribu, depuis dix-sept ans? Ne vous ai-je pas accordé tous les privilèges que vous pouviez désirer? Toutes nos plus belles marchandises, toute notre meilleure monnaie, toutes les préférences n'ont-elles pas été pour vous? que vous faut-il donc de plus?