SACRIFICE
Lorsque Alice se réveilla le lendemain matin, elle trouva la bonne mistress Wyman debout devant son lit:
—Vous êtes paresseuse ce matin, lui dit la bon femme; je parie que vous vous êtes trop fatiguée hier; cependant vous seriez éveillée et alerte comme une caille si vous aviez pu prévoir les bonnes nouvelles que je vous apporte.
—Mon père serait-il en liberté, demanda vivement la jeune fille:
En même temps, secouant un reste de sommeil, elle sauta prestement à bas du lit.
—Non, ma petite chatte; mais je m'attendais à cette question, car je connais votre bon cœur. Cependant il s'agit de votre père. Il a fait dire ce matin qu'il désirait vous voir, et comme je savais d'avance toute la joie que vous éprouveriez, je n'ai pas eu la patience d'attendre votre lever.—Mais quoi?... ajouta-t-elle en remarquant la pâleur et l'émotion silencieuse d'Alice; ça ne vous transporte pas comme je l'aurais cru?
—Si bien! mistress Wyman; oh si! je suis heureuse, s'écria enfin la pauvre enfant; mais le saisissement, la surprise,... je vous remercie de m'avoir éveillée. Je vais m'habiller bien vite: ne m'attendez pas pour déjeuner.
—Là! là! enfant; quelle agitation! Il y a une bonne heure que nous avons déjeuné: Silas est parti en ville. Mais je vous ai gardé quelque chose de chaud; vous le prendrez quand vous serez prête.
Lorsque Alice descendit pour déjeuner, elle trouva sur la table une délicieuse corbeille pleine de cerises fraîches sur lesquelles était cette note «A ma charmante pupille.»
—Le petit groom de M. Mallet, dit mistress Wyman, a expliqué que son maître serait ici à neuf heures avec la voiture, pour vous mener voir votre père.—Enfin qu'avez-vous donc, ma chère fillette? Vous ne mangez rien: prenez donc quelques fruits; ils ont si bon air, ils sont cueillis de ce matin, j'en suis sûre.