Les Sioux-Bisons faisaient face de tous les côtés à la fois, répétant sans cesse leur cri de guerre, serrant leurs rangs et se faisant un rempart du corps de chacun des leurs qui tombait.
Malheureusement, quelle que fût la valeur des Peaux-Rouges, leur nombre diminuait avec une rapidité effrayante. Les Américains accouraient pour achever la bataille. On entrevoyait déjà leurs premières files qui traversaient au pas de charge les derniers contreforts du bois.
C'en était fait! L'heure de mourir était enfin venue!
Alors les Sioux-Bisons changèrent de tactique. Après avoir, une dernière fois, poussé leur terrible cri de guerre, d'assaillis ils se firent assaillants, et se ruèrent avec une rage inouïe sur leurs ennemis.
Il y eut une mêlée épouvantable, une boucherie sans nom, indescriptible, une lutte corps à corps dont il serait impossible de se faire une idée, même lointaine.
Les combattants étaient si mêlés, si enchevêtrés les uns dans les autres, que, malgré eux, les Américains, tout en frémissant de colère, furent contraints de demeurer, sans pouvoir y prendre part, témoins de ce massacre horrible.
Puis, au bout de quelques instants, il y eut un dernier cri, navrant, désespéré, effroyable, l'horrible cri de cent hommes fauchés par la mort.
Ce fut tout.
Le dernier Sioux-Bison avait vécu!
Des cinquante guerriers apaches, vingt restaient à peine; les autres gisaient mourants sous les corps de leurs chevaux éventrés.