—Montrez-moi l'ordre dont vous êtes porteur, dit nettement l'alférez.

—C'est un ordre verbal. Mais assez de conversation comme cela. Ne voyez-vous pas quel est mon grade? Obéissez.

—Je ne sais qui vous êtes. Non seulement je n'obéirai pas; mais si vous faites un pas en avant, je donne l'ordre de tirer.

—Allons donc, vous êtes fou! Que vous importe la conducta? Soyez bon compagnon, et nous pourrons nous entendre. Sinon, il vous en cuira.

—A mon tour, je vous intime l'ordre de vous retirer. Je suis résolu à repousser la force par la force.

—Eh bien! Puisque vous le voulez, bataille! dit le colonel. En avant, muchachos! cria-t-il à ses hommes.

Les nouveaux venus s'élancèrent la lance couchée.

—Feu! commanda l'alférez.

Une décharge terrible éclata; les lanciers tourbillonnèrent sur eux-mêmes et revinrent à leur premier poste. Une nouvelle charge fut exécutée; mais cette fois une mêlée furieuse s'engagea à l'arme blanche. Soudain, je ne sais pourquoi, excité sans doute par l'odeur de la poudre, je me mis à crier:

Adelante, muchachos! Adelante! Ils sont pris!