Et se précipitant vers le général, elle lui arracha une de ses épaulettes et l'en frappa au visage.
—A moi! cria le général au paroxysme de la fureur.
Deux peones entrèrent.
—Saisissez cette femme, dit le général d'une voix brève. Qu'on la traîne dans la cour, et qu'elle reçoive immédiatement cent coups de fouet devant tous les peones réunis.
Frédérique le regarda avec mépris, sans daigner lui répondre, et fut se placer entre les deux hommes, atterrés de l'ordre barbare qu'ils recevaient, car cent coups de fouet pour cette femme, ils le savaient, c'était la mort.
Sur un signe du général, la jeune fille fut conduite dans une cour; et là, sans pitié, sans respect pour sa pudeur de femme pure et chaste, on la dépouilla brutalement de ses vêtements, de la ceinture en haut, et on l'attacha par les poignets à un poteau, les seins et les épaules nus et livrés aux regards de tous.
Il y avait quelque chose d'étrangement sinistre dans le spectacle que présentait, aux reflets rougeâtres des torches, cette délicieuse créature, garrottée comme une criminelle devant une vingtaine de sauvages peones aux faces stupides, qui, pour flatter bassement leur maître, abreuvaient l'innocente jeune fille de dégoûtants quolibets.
Près d'elle, muet et impassible, le regard fixé sur le général, se tenait un Indien à la carrure athlétique, aux bras nerveux, qui, armé d'un long fouet à lanières de cuir garnies de pointes d'acier, attendait l'ordre de commencer le supplice.
Le général, le visage pâle, les sourcils froncés, regardait d'un œil lubrique ce corps charmant près d'être déchiré par les coups.
—Pour la dernière fois, Frédérique, dit-il d'une voix creuse, veux-tu m'épouser?