Du reste, je fus bientôt renseigné à cet égard par le respect exagéré que lui témoignaient mes Kanaks.
Ce guerrier était le Rangatira—roi—le plus puissant de l'île de Tonga-Tabou; il se nommait Akou-to-mé-ah.
Le second, presque son égal en puissance, était chef d'une tribu alliée de celle d'Akou-to-mé-ah; son nom était Tobash-Illow.
Celui-ci était un homme d'une cinquantaine d'année, aux traits durs, à la taille ordinaire et aux membres trapus; il devait être d'une vigueur et d'une agilité extraordinaires.
Le troisième était un tout jeune homme: vingt-deux ou vingt-trois ans au plus.
Ses traits fort beaux, sa physionomie douce et sympathique, son regard fier, en faisaient un type remarquable.
Son tatouage, moins complet que celui des deux autres chefs, montrait que sa puissance et sa renommée n'étaient pas aussi grandes.
Au bout de huit jours, les trois blessés étaient presque en convalescence.
Les Kanaks possèdent des remèdes à eux qui produisent des miracles, et laissent bien loin derrière eux toute la pharmacopée pédantesque des facultés de médecine de la vieille Europe.
Dès qu'il fut à peu près rétabli, Akou-to-mé-ah ne fit aucune difficulté pour répondre à mes question, et voici ce qu'il me raconta: