Pendant trois jours entiers, la tempête sévit avec une incroyable fureur.

Bien qu'assez éloigné de la zone où elle régnait, j'avais à bord de ma goélette, senti les derniers effort de l'ouragan, et couru grand risque de me perdre, corps et biens.

Lorsque le vent fut tombé et le calme rétabli, toutes les pirogues kanaques, dispersées et entraînées bien loin de la route, avaient disparu.

Une seule, celle montée par Akou-to-mé-ah et Tobash-Illow, avait réussi tant bien que mal, à demi-brisée et complètement désemparée, à résister aux efforts de la tempête.

Quant aux autres pirogues, jamais on n'en entendit plus parler.

Sans doute elles avaient sombré pendant le cyclone.

La pirogue royale était montée par quarante hommes, au nombre desquels se trouvaient douze prisonniers.

La situation des malheureux Kanaks était des plus critiques.

Ils se trouvaient perdus sur la mer, dans un canot à moitié brisé, sans voiles, sans pagaies, et, ce qui était plus affreux encore, sans vivres et sans eau potable.

Ils ne comptaient que sur une traversée de trente-six heures.