Le peu de vivres et d'eau qu'ils avaient embarqué avait été emporté par les lames; il ne leur restait plus rien.
Alors il se passa quelque chose d'horrible à bord de cette malheureuse embarcation.
Les prisonniers furent tués les uns après les autres, et leur chair palpitante fut dévorée par ces cannibales.
Ces effroyables vivres durèrent plusieurs jours; puis, enfin, de tous les prisonniers, il ne resta plus que le jeune chef de l'île.
Les Kanaks voulurent l'égorger.
Akou-to-mé-ah s'y opposa; non pas que son cœur fût ému de pitié pour l'infortuné jeune homme, mais parce qu'il le regardait comme un trophée dont il ne voulait pas se dessaisir, et qu'il voulait le ramener vivant à Tonga-Tabou.
Les Kanaks s'insurgèrent; on se battit.
Plusieurs furent tués dans la mêlée; ils servirent de pâture aux survivants.
Les choses continuèrent jusqu'à ce qu'enfin, une heure avant que je n'aperçusse la pirogue, une lutte suprême se fût engagée entre les trois chefs et ceux des Kanaks qui vivaient encore.
On sait quel en fut le résultat, et comment je réussis à sauver les trois blessés.