Les uns frappaient à coups redoublés sur des espèces de tambours faits d'une marmite sur l'ouverture de laquelle était tendue une peau.
D'autres secouaient avec fureur des courges attachées au bout d'un bâton et remplies de petites pierres.
Quelques-uns soufflaient à outrance dans des tibias humains.
Plusieurs soufflaient à s'époumoner dans des espèces de flûtes en roseaux.
Un certain nombre froissaient avec acharnement entre leurs mains des roseaux fendus en plusieurs parties.
Il y en avait enfin qui agitaient désespérément des façons de crécelles.
Ceux qui n'avaient pas d'instruments étaient les plus terribles: ils hurlaient sur tous les tons de la gamme humaine.
Mais ce n'était pas tout: une effroyable surprise m'était réservée.
Au milieu de cet horrible charivari, un grand vieillard, calme, impassible, tournait sans désemparer la manivelle d'un orgue de Barbarie, et jouait: «Partant pour la Syrie».
Les autres soi-disant musiciens avaient la prétention de l'accompagner.