—Es-tu donc venu te placer sur ma route pour m'insulter? dit le capitão avec un accent de colère mal contenue. Mon bras est long et ma patience courte; prends garde que je ne réponde par des coups à tes insultes.»
Le guerrier fit un geste de dédain.
«Qui oserait se flatter d'effrayer Tarou-Niom, dit-il.
—Je te connais, je sais que tu es renommé dans ta nation par ton courage dans les combats et ta sagesse dans les conseils; cesse donc de vaines forfanteries et laisse aux femmes débiles le soin de se servir de leur langue envers un homme qui, pas plus que toi, ne peut être effrayé.
—Un fou donne parfois un bon conseil, repartit le guerrier; ce que tu dis est juste; arrivons donc au sujet réel de cet entretien.
—J'attends que tu t'expliques. Ce n'est pas moi qui me place sur ta route.
—Pourquoi n'as-tu pas rapporté aux visages pâles dont tu es l'esclave, le message dont je t'avais chargé pour eux.
—Je ne suis pas plus l'esclave des blancs que tu ne l'es toi-même; je leur ai textuellement rapporté tes paroles.
—Et, malgré cet avertissement, ils ont continué à marcher en avant?
—Tu le vois.