—Ces hommes sont fous; ne savent-ils donc pas que tu les conduis à une mort certaine?

—Ils ne partagent nullement cette opinion; plus sensés que vous, sans vous craindre, ils ne vous méprisent pas et n'ont nullement l'intention de vous offenser.

—N'est-ce pas la plus grande insulte qu'ils puissent nous faire que d'oser, malgré nos ordres, envahir notre territoire?

—Ils n'envahissent pas votre territoire, ils suivent leur route, pas autre chose.

—Tu es un chien à langue fourchue, les visages pâles n'ont pas de chemin qui traverse notre pays.

—Vous n'avez pas le droit d'empêcher le passage sur vos terres à des citoyens paisibles.

—Si nous n'avons pas ce droit, nous le prenons; les Guaycurus sont les seuls maîtres de ces contrées, qui jamais ne seront souillées par le pied d'un blanc.»

Diogo réfléchit un instant.

«Écoutez-moi, dit-il, ouvrez vos oreilles, afin que la vérité pénètre jusqu'à votre cœur.

—Parle, ne suis-je pas ici pour t'écouter?