—Nous n'avons pas l'intention de pénétrer plus avant dans votre pays; tout le temps que nous serons forcés d'y demeurer, nous nous tiendrons près de la frontière le plus possible, nous ne faisons que passer pour aller plus loin.
—Ah! Ah! Et comment nommez-vous ce pays où vous vous rendez? reprit le chef d'un air sardonique.
—Le pays des Frentones.
—Les Frentones sont les alliés de ma nation; nos intérêts sont communs: entrer sur leur territoire, c'est entrer sur le nôtre; nous ne souffrirons pas cette violation. Va rejoindre celui qui t'envoie et dis-lui que Tarou-Niom consent à le laisser fuir, à la condition qu'il tournera immédiatement la tête de son cheval vers le nord.»
Le capitão demeura immobile.
«Ne m'as-tu pas entendu, reprit le guerrier avec violence; à cette condition seule, vous pouvez espérer d'échapper tous autant que vous êtes à la mort ou à l'esclavage. Va donc, sans plus tarder.
—C'est inutile, répondit le capitão en haussant les épaules, le chef blanc ne consentira pas à retourner d'où il vient, avant d'avoir accompli jusqu'au bout son voyage.
—Quel intérêt pousse donc cet homme à jouer ainsi sa vie dans une partie désespérée?
—Je l'ignore, cela n'est pas mon affaire, j'ai pour habitude de ne jamais me mêler de ce qui ne me regarde pas.
—Bon. Ainsi, malgré tour ce que je lui dirai il continuera à s'avancer.